Il est actuellement reconnu que plus de 85% des interventions chirurgicales peuvent être réalisées en ambulatoire. Selon la Haute Autorité de Santé, la chirurgie ambulatoire est définie comme une chirurgie programmée et réalisée dans les conditions techniques nécessitant impérativement la sécurité d’un bloc opératoire, sous une anesthésie de mode variable, suivie d’une surveillance postopératoire permettant, sans risque majoré, la sortie du patient le jour même de son intervention.

Aux Royaume- uni comme aux Pays Scandinaves, plusieurs procédures chirurgicales se sont carrément transformées en chirurgie ambulatoires. C’est le cas par exemple de la cholécystectomie (chirurgie de la vésicule biliaire) qui, actuellement nécessite 4 heures d’hospitalisation au lieu de 24/48 heurs il y’a quelques années. De ce fait, un patient qui vient le matin quitte l’hôpital à midi. Conséquemment, le lit est utilisé 2 fois par jour.

Ce mode de chirurgie présente plusieurs avantages cliniques, sociaux et économiques.  Elle permet au patient de reprendre son activité normale le plutôt possible. Le risque d’infection hospitalière est presque zéro. Les cliniciens peuvent réaliser des soins de haute qualité tout en préservant les lits d’hospitalisation aux cas nécessitant une chirurgie majeure. L’hôpital bénéficie d’un flux rapide des patients et finalement le coût de la prise en charge est moins cher pour l’état, le patient, l’hôpital et les assurances maladies.

La création d’un service de chirurgie ambulatoire est pratiquement facile et réalisable pour tout établissement de santé. L’application d’une méthode scientifique comme celle du « Lean Thinking » énormément facilite la création et le développement de tel service.

Lean Thinking ou la méthodologie Lean implique, faire davantage en utilisant moins. Ce concept de pensée constituait la base de réussite de Toyota (1).

La méthodologie Lean place le client (le patient) au centre de l’organisation. Son éthique est de maximiser le profit au patient tout en minimisant le gaspillage. De nombreux outils ont été décrits au sein de la méthodologie Lean.

La Cartographie de flux de valeur (CFV), est l’un de outils qui trace et analyse les différentes étapes d’un processus.  L’intérêt est de détecter les étapes et actes qui ajoutent une valeur aux soins du patient et d’éliminer celles ayant  sans valeur sur les soins. Par exemple, un patient peut attendre des heures pour une prescription des antalgiques avant de quitter l’hôpital. Ceci cause frustration au patient  et génère gaspillage d’un lit d’hospitalisation.

Un patient qui se présente pour an acte chirurgical suit un flux depuis son arrivée à la consultation jusqu'à sa sortie de l’hôpital. Une étude minutieuse de ce flux a permi plusieurs hôpitaux d’améliorer énormément les soins des patients et la productivité de leurs services.

L’évènement du CFV permet à tous les personnels (administrateur, infirmier, chirurgiens, anesthésiste, pharmacien…) de tracer le flux actuel du patient et de travailler ensemble pour créer un flux ‘Lean’, plus convenable pour le patient et l’établissement.

Nous avons utilisé avec succès cette méthodologie dans le raffinement du circuit du patient, y compris la création des services ambulatoires en Angleterre et au Maroc.

(1) Kasivisvanathan V, Chekairi A. The productive operating theatre and lean thinking systems. J Perioper Pract. 2014 Nov; 24(11):245-8.

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